De son interêt pour les arts plastiques à ses débuts musicaux comme guitariste de rock, il est repéré depuis quelques années comme platiniste virtuose et utilisateur d’outils electroniques fort bien insérés dans son dispositif scénique.
Collaborant régulièrement avec Voice Crack, Christian Marclay, Luc Ferrari, pour n’en citer que quelques-un, eRikm est certainement un des jeunes musiciens actuellement capable de définir le mieux ce rapport entre musique populaire et musiques savantes, sans démagogie ni camouflage culturel.
Tout son art provient certainement de la dualité entre ses expérimentations sur la matière sonore, sur le corps, la tessiture du son et son travail sur l’anecdote, la référence.
C’est peut être d’ailleurs son intérêt pour d’autres expressions artistiques qui rend la musique d’eRikm si imagée.
L’immense réservoir qu’elle constitue a su captiver tous les artistes avec qui il a collaboré.
Si son cheminement discographique et ses rencontres musicales l’ont très rapidement affilié à la dynamique multiforme de la scène des musiques improvisées, où il gagne en outre par son style très visuel, eRikm délaisse aujourd’hui peu a peu son statut de dj bruitiste ou de sculpteur de vyniles, et se tourne vers un travail solitaire sur les musiques intégrant les nouvelles technologies et la mise en application de l’accumulation de ses expériences.
Son objectif n’est plus de citer mais de dégager un matériel singulier pour des compositions moins référencées. eRikm aborde aujourd’hui avec une subtile abstraction un positionnement électronique : comme une pause dans l’agitation sonique actuelle, le désir de tisser en rupture une œuvre simple et lisible, sans affichage technologique ou intellectuel outrancier.