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RedSpaceCyrod



Red Space Cyrod est la collaboration de travaux créateurs entre Cyrille Poumerie (Cyrod) et Jay Echeverria (Red Space Cadet). Ce projet a été en route depuis le début de 2008, par voie du "océan traversant" des communications. Cyrille est à Paris et Jay est à Los Angeles.

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B
<br /> RED SPACE CYROD<br /> ¡EL SECUNDO! [2xCD3"]<br /> XCROCS RECORDS<br /> 2009<br /> Xcrocs records, c’est ce label marseillais qui se distingue en sortant ces petites choses rondes de trois pouces de diamètre qui se lisent avec un laser, et la dernière trouvaille d’Xcrocs, c’est<br /> Red Space Cyrod, la résultante de deux types qui échangent leurs fichiers/idées via Internet. Ce genre de ping-pong et de créations à distances était certainement plus folklorique à l’époque où<br /> c’était des cassettes qui traversaient des continents, mais peu importe la méthode de travail et la technologie employée finalement, car la seule chose qui compte à l’arrivée, c’est ce qui voyage<br /> entre les oreilles. Savoir si tel chant sirupeux ou si tel son de guitare acoustique provient du mec de Paris (Cyrod) ou de celui de Los Angeles (Red Space Cadet) est d’aucun intérêt. Par contre,<br /> savoir que ces chansons fonctionnent parfaitement, comme si elles étaient jouées à deux (ou à trois, ou à quinze, ou en solo) personnes dans une même pièce, est plus important, et c’est ici parfois<br /> le cas. Ce truc vit (pas fort, mais il vit, je sens un pouls, tout au loin) et n’est pas qu’une somme d’éléments superposés. C’est déjà ça de pris. Pour ce qui est de la simulation de l’énergie et<br /> de la tension émanant d’un vrai groupe qui se secoue les puces, par contre, c’est l’échec, car jamais cette musique n’arrive à s’échapper du fait qu’elle est interprétée le cul sur une chaise, les<br /> doigts posés sur un clavier, le regard rivé sur un écran. Alors, on navigue sur quoi ? Sur, une pop douce-amère, celle qui jamais ne sera ma came, vu que j’aime même pas le thé. Ma première<br /> impression a été d’avoir affaire à un Pavement en herbe, puis à un Camper Van Beethoven qui se roule dans l’herbe, puis à des ciseaux de hippies qui coupent l’herbe sous les pieds de Ween, et puis<br /> ça a fini par… Sean Lennon. En panne sèche d’herbe. Qui lézarde à la maison, désœuvré. Tiens, et si je faisais un disque sur mon ordi pour passer le temps ? Le bricolage pop de Red Space Cyrod est<br /> dreamy dans son ensemble, lazy sur toute la ligne, accessible et pas dérangeant. Il part parfois en vrille, mais ne reste jamais trop haut perché (là où l’herbe aurait dû intervenir). On y rêve la<br /> tête dans les nuages, mais les pieds sur terre. Des passages plus ludiques, comme Never Eat Your Cigaret, ont permis de m’accrocher, certains mélanges de voix sont vraiment pas mal trouvés, mais<br /> d’autres plans totalement dénués d’énergie et d’intérêt m’ont vite fait lâcher le morceau. Et je ne parlerai pas des quelques titres électro-folk de chambre qui m’ont rebuté. Ce qui m’a également<br /> vite découragé, ce sont les beats choisis et le son horrible de ces beats, comme s’ils provenaient de GarageBand ou de je sais pas quel logiciel cheapo qui te fait croire en deux secondes que t’es<br /> un compositeur de grand talent. De la créativité, il y en a pourtant là-dedans, c’est certain, avec de bonnes petites trouvailles à la clef et des arrangements qui se tiennent presque (en omettant<br /> ces larsens atroces qui arrivent comme un cheveu sur la soupe shoegaze), mais ça finit par trop ressembler à ce que c’est, c’est-à-dire un (double) projet home-made, un truc qui est toujours<br /> beaucoup plus intéressant à bricoler soi-même et à renvoyer à l’envoyeur qu’à écouter une fois terminé.<br /> <br /> (5/10)<br /> <br /> {Bil}<br /> www.nextclues.com / dec09<br /> <br /> <br />
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H
<br /> Faire de la musique dans sa cave ou dans sa chambre il faut choisir. Red Space Cyrod ne choisit pas : ce duo, composé d’un Cyrod parisien et d’un Red Space Cadet angelino, fait lui de la musique en<br /> échangeant idées et fichiers son par le biais d’internet. C’est une idée aussi vieille que la musique électrique et enregistrée, avant on s’envoyait plus simplement par airmail des cassettes et des<br /> bandes magnétiques, cela prenait juste un peu plus de temps.<br /> L’échange de ficher c’est surtout une idée casse-gueule dès qu’il s’agit de construire des compositions et c’est le cas de Red Space Cyrod qui a des prétentions pop indéniables : ces deux là<br /> pratiqueraient le break core, le pimpo bimbo, le harsch noise, l’impro libertaire, l’abstract hip-hop, l’ambient mambo on s’en foutrait sûrement parce que l’on ne se rendrait compte de rien du<br /> tout, les joies de la musique assistée par ordinateur. Seulement voilà, Cyrille et Jay – vous permettez que je vous appelle par vos prénoms les gars ? – font de la musique avec de vrais couplets,<br /> des vrais refrains, des vraies mélodies et de vrais arrangements (oui). De la pop, je l’ai déjà dit, ou quelque chose dans le genre, en tous les cas quelque chose qui ne pourrait pas remplir ma<br /> tasse de thé à ras bord (mission impossible : je ne bois que du café par hectolitre et dans un mug, cela va de soit).<br /> Le problème de la cohérence et de la pertinence, Red Space Cyrod s’y était cassé les dents le temps d’un premier album autoproduit, To Telescope, beaucoup trop long pour ce qu’il avait à dire alors<br /> qu’en même temps on sentait bien que nos deux garçons, justement, avaient voulu le faire dégueuler ce disque, et ça bouillonnait tellement fort d’enthousiasme qu’un EP deux titres avait suivi<br /> quasiment instantanément. ¡El Secundo! (on appelle ça la logique imperturbable des noms d’albums) poursuit avec le même mode opératoire mais cette fois ci la réussite est au rendez-vous. Je<br /> m’explique : ce disque, après un démarrage calamiteux – détail amusant, To Telescope débutait au contraire en trombe par un Red Space Noise, sorte d’hymne fédérateur, gai et entraînant pour nains<br /> de jardins dansant la polka sous champignons, avant de tomber dans les errements de la déliquescence – bref, ¡El Secundo! offre une collection de chansons bricolées, aventureuses, pop assurément<br /> mais avec une étrangeté qui leur fait honneur. Ainsi, régulièrement, les idées fusent (même lorsque elles ne sont guère nouvelles, tel le thérémine en guise de final sur Communicat) et sont<br /> appliquées avec fraîcheur et spontanéité, un comble pour un disque à la fois transatlantique et transcontinental. La première face de ce CD est à peine achevée que l’on est sous le charme<br /> copulatoire du bricolage à distance de Red Space Cyrod.<br /> Comment ? Un CD ? Une première face ? Donc une seconde, aussi ? C’est que ¡El Secundo! a été gravé sur deux CDs de trois pouces, annihilant en un tour de main l’un des inconvénients majeurs du<br /> disque compact par rapport à ce bon vieux vinyle (aka ne plus être obligé de lever son cul pour changer de face, c’est encore pire avec le mp3 qui incite définitivement au zapping et à la musique<br /> facile). Ce type de présentation est l’une des spécialités de Xcrocs records – tiens, le label marseillais a aussi du eRikm à son catalogue. Donc la deuxième face d’¡El Secundo!, si elle n’est pas<br /> exempte de longueurs (Transillusion et dans une moindre mesure Pulsation, malheureusement placés l’un après l’autre), ne manque pas de perpétuer ce charme discret de la bidouille à mi chemin entre<br /> psychédélisme cheap et pop électronique, sieste lysergique d’un après-midi ensoleillé et poésie dreamy (le très beau Raining). C’est quand même pas mal de la part de deux types qui ne peuvent pas<br /> se voir mais arrivent quand même à s’entendre.<br /> <br /> chronique initialement parue sur Heavy Mental<br /> publiée par Hazam<br /> Dec 09<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Après Cave Canem et Conger! Conger!, c'est au tour de Red Space Cyrod, duo formé par Cyrille Poumerie (Cyrod) et Jay Echeverr ia (Red Space Cadet), ceux-ci opérant par le biais d'internet (Cyrille<br /> est basé à Paris, Jay à Los Angeles) et réussissant le tour de force de composer d'irrésistibles ritournelles pop, psyché et shoegaze brumeuses, enlevées et savamment acidulées, d'avoir droit à<br /> quelques lignes ayant pour modeste objectif de décrire leur univers.<br /> <br /> Il s'agit ici de leur second ouvrage, intitulé El Secundo! et poussant plus en avant encore le travail fourni sur l'inaugural To Telescope. Sur deux cd au format "maison", c'est à dire 8 cms, et<br /> treize titres, c'est un jeu de piste déroutant et captivant qui nous est proposé, R.S.C. s'amusant à construire, et déconstruire, des mélodies hybrides, parfois haut perchées (Suggestive), à<br /> d'autres endroits alertes et gentiment noisy (Never eat your cigaret), souvent frappées du sceau d'un shoegaze s'acoquinant avec d'autres éléments musicaux. Sur Releaser, par exemple, c'est une<br /> sorte de noisy hip-hop aux faux airs de One Inch Punch qui s'impose à l'auditeur tout en exhalant des relents psychés, et indus, bienvenus. Le brassage fonctionne à merveille et des séquences<br /> électro à la fois cotonneuses et perturbées (Communicat) apportent un plus à cet ensemble décalé et ingénieux.<br /> <br /> Le second cd est bien évidemment du même tonneau, Basta Road, complainte planante et grinçante mettant fin au premier volet, y trouvant de dignes successeurs, comme Goodbye And Hi, exercice<br /> pop-rock concluant, porteur comme nombre d'autres de ces mélodies chatoyantes mais jamais conventionnelles quant à leur vêture sonore, ou le plutôt folk Sending My Love, sobre et presque lo-fi dans<br /> ses sonorités. Une tension parfaitement muselée relève les titres du duo et dès lors que celui-ci calme singulièrement le jeu, il en résulte un superbe morceau comme Transillusion, auquel succède<br /> Pulsation et ses griffures soniques appréciables.<br /> <br /> En ajoutant à cette liste les deux chansons proposées ci-dessous, et les deux marquant la fin du deuxième volet (Brand Of Lettuce et son électro dépaysante, puis Raining et ses cordes<br /> majestueuses), on tient entre nos mains un objet au contenu aussi singulier et insubordonné que ce que ce label décidément incontournable peut habituellement nous donner à découvrir et à écouter.<br /> Bon voyage!<br /> <br /> chronique initialement parue sur surchauffe surnaturelle<br /> par Psychocandy<br /> Dec 2009<br /> <br /> <br />
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